NOTRE TRAVERSEE DE L'ATLANTIQUE

  

               Papyrus en préparation à Rouen
    
       DEPART LE 12 JANVIER 1999 A 17H

  Premier jour sur l'atlantique, la houle est belle et je suis surprise car Papyrus est balloté de façon inhabituelle, il monte et descend en douceur sur ces vagues hautes et longues alors qu'en méditerranés elles sont courtes et viennent taper sur les coques de façon incessantes. C'est une sensation beaucoup plus agréable et au cours de cette première journée nous commençons à peine a prendre toute l'ampleur de cette nouvelle expérience. Nous parcourons 118 milles le 13.

En ce deuxième jour, la mer est toujours agitée et le ciel couvert. Nous ne verrons pas le soleil aujourd'hui mais nous parcourrons 152 milles.Ces premiers jours se déroulent entre études pour les enfants, lecture, cuisine et navigation pour Michel et moi. Nous apercevons trois cargos au cours des deux premières nuits mais ils croisent à plus de dix milles. Tout va bien !

Les enfants ont l'air content et nos relations se détendent enfin. Les discussions sont plus fréquentes au cours de ces longs après-midi sur le pont entre lecture et bronzette. Oui, décidément, les enfants sont de plus en plus ouverts et j'espère vraiment réussir à créer une bonne ambiance sur le bateau. J'ai vraiment le sentiment que c'est à moi seule que revient cette tâche et je souhaite y parvenir le plus vite possible. 

Le soleil revient progressivement et les journées commencent à être chaudes.La pêche n'est pas bonne mais nous avons aperçu un très bel oiseau noir à la queue rayé de blanc qui semblait être perdu. 143 milles pour le troisième jour.

Il fait vraiment très chaud et on a du mal à trouver un coin d'ombre sur le pont. Notre taud de soleil étant fixé sur la bôme, il n'est pas possible de l'utiliser lorsque la grand voile est hissé. Les alizés sont bien installé et nous décidons d'affaler la grand voile et de mettre en ciseaux le génois et la trinquette. Pour le spinnaker c'est encore difficile car la houle est toujours forte et il est déventé constamment. 140 milles aujourd'hui.

Les nuits aussi se réchauffent sensiblement et il devient très agréable de faire son quart. La voûte céleste est magnifique et on en prend plein les yeux. Nous approchons du "pot au noir" et le ciel se couvre méchamment. La pluie vient rafraîchir nos journées qui devenaient lourdes et humides. Notre progression n'est très rapide mais dans le confort, 124 milles pour ce cinquième jour.

Le vent de face et la pluie arrivent en même temps et nous décidons de mettre au moteur. Nous approchons de la route des cargos et notre capitaine renouvelle ses consignes de vigilance. La pêche sera bonne, une dorade coryphène que nous dégusterons le soir même.Les journées se suivent et se ressemblent un peu mais quel bonheur que cet immensité qui nous entoure. Le temps n'a plus de prise sur nos existences et c'est une sensation étrange et merveilleuse.

Le 19 janvier sera marqué d'une croix rouge sur nos calendriers car nous passons l'équateur à 17h12 précise. Ce passage dans l'hémisphère sud est un moment important de notre voyage et nous décidons de faire péter une bouteille de champagne!!! Chacun propose un toast mais personne ne pense à immortalisé ce moment sur pellicule. Nous n'avons pas été très bon sur les photos de famille au cours de ce voyage et je le regrette un peu, mais c'est tellement moins fort de vivre un moment sympa derrière le viseur d'un appareil photo ! En tous cas on ne s'ennui pas à bord et la pêche devient bonne, pas moins de deux coryphènes aujourd'hui et 154 milles au compteur GPS;

Le soleil est revenu en force et le thermomètre affiche 30° en milieu de journée. Hélas, le vent n'est pas au rendez-vous et l'on se demande où sont passé les alizés ? Pas de dorade aujourd'hui mais trois oiseaux ressemblant à des merles viennent se reposer sur les filières durant la nuit. Nous croiseront plusieurs cargos car nous sommes à nouveau sur leur route. 121 milles parcourus en ce 20 janvier.

Dernier jour de traversée car nous atteindrons l'île de Fernando de Noronha aux alentours de minuit. Nous mouillons dans la baie de San Antonio où la houle rentre un peu. Nous ne trouvons pas mieux que des fonds de 9 mètres pour jeter l'ancre avec nos 40 mètres de chaîne c'est un peu juste alors nous rallongeons avec une trentaine de mètres de bout. Avec ça la nuit devrait être tranquille. Nous sommes très content d'être arrivé, le paysage exotique qui s'offre à nous est une belle récompense. Notre première nuit entière depuis plus d'une semaine. 140 milles en ce neuvième jour.

La journée du 22 se passera à terre sur cette île exotique à souhait où nous nagerons en compagnie de tortues qui viennent pondrent ici dans la baie Do Sueste en toute sécurité car il s'agit d'une réserve naturelle.
Nous découvrons pour la première fois leur "poussadas" et les déjeuners de buffet à volonté pour des sommes dérisoirs. Cette première approche du Brésil est un enchantement et nous sommes très impatient de toucher enfin le continent.

Cette dernière étape sera géniale. Côté voile surtout car le vent ,de force 5, nous poussera à une vitesse moyenne de 10 noeuds sur une mer plate. Un petit problème de pilote automatique viendra cependant assombrir cette belle journée et nous obligeras  à barrer à tour de rôle toute la nuit.

Le compteur affiche 1280 milles depuis Brava au Cap Vert jusqu'à Natal au Brésil que nous atteindrons le dimanche 24 janvier 1999 à 7h du matin.






Article ajouté le 2009-10-20 , consulté 50 fois

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