ABECEDAIRE D'AIDE AUX NAVIGATEURS

 

         J'ai écrit il y a quelques mois de cela un livre sur notre voyage que je n'ai pas réussi à faire publier. En deuxième partie, j'ai imaginé un  abécédaire d'aide aux navigateurs qui préparent un voyage lointain. En voici quelques extrait:

   

                ACCASTILLAGE

        Equipement essentiel s'il en est, sur un voilier, l'accastillage doit être solide et efficace. Nous avons choisi une marque italienne(antal) pour les poulies, rails, chariots d'écoutes et hollandaise (meissner)pour les winchs. Papyrus ayant connu la mer du nord, la méditerranée et l'atlantique, on peut affirmer que notre choix a été bon.
        Nous avons subi quelques coups de vent et n'avons à déplorer que la casse d'un chariot du rail d'écoute du génois survenu lors d'une remontée au près avec un vent de 25 noeuds et la déformation de deux poulies servant à écarter le génois pour les allures largue et grand largue.
        Les winchs étaient démontés et nettoyés régulièrement et les "bloqueurs" et poulies du pont, rincés à l'eau douce le plus souvent possible.
        Emporter des poulies de rechanges, des drisses supplémentaires ainsi que des manilles de toutes tailles et tout modèle est important car il ne faut jamais trop compter sur les autres. Etre autonome est la clé dans beaucoup de situations.


               ANNEXE


         Elle mérite bien quelques lignes car elle fait partie des éléments indispensables, dont il faut prendre un soin particulier. Nous sommes partis avec une semi-rigide en hypalon de 3,20 m qui a très bien tenu le coup pendant 5 ans. Mais cela a nécessité un entretien régulier et une attention de tout les instant particulièrement lors des accostages sur les rochers et même sur les plages.
         Les annexes en dur sont plus durables mais pas très stables et souvent peu pratiques. En fait cela dépend du type de bateau que vous avez. Si vous disposez de bossoirs cela facilite grandement les choses, sinon il faut penser à une place sur le pont qui ne gênera pas pour les manoeuvres, et à la manière de remonter cette annexe sans ce faire un tour de rein. Mais je dois avouer que j'ai regretté de ne pas avoir embarqué un "optimist" ou une petite annexe avec laquelle nous aurions pu faire un peu de voile en solo dans les baies où cela était possible.
         Il est indispensable d'emporter un kit de réparation pour votre annexe et pour une plus longue durée de vie, il est possible de confectionner une housse sur mesure pour protéger les boudins du soleil, du sel et des quais un peu rugueux.


ATLANTIQUE

Sa traversée a été une expérience très enrichissante. La plus longue partie, dans le sens Est /Ouest, fut entre l'île de Brava au Cap Vert et l'île de Fernando de Nornonha pour le Brésil; il nous a fallu 9 jours avec une moyenne de 135 milles par jour. Nous avons donc parcouru 1280 milles. Nous étions cinq à bord et aucun d'entre nous ne voulait toucher terre. Bien sûr l'attrait de la découverte du Brésil était là mais chacun avait pris beaucoup de plaisir à ce sentir coupé du monde pendant cette traversée. Trois d'entre nous(les filles) avions un journal de bord personnel que nous remplissions de toutes nos impressions, joies ou déceptions du jour, prise de pêche, rencontre pendant notre quart de nuit avec les cargos ou les poissons volants.
Grâce à cela, je suis en mesure de vous dire que le 19 janvier 1999, nous avons attrapé une dorade coryphène de 600gr et que la veille nous étions entrés dans le "pot au noir". Le 19 nous passions l'équateur à 17h15 et nous avons fêté cela au champagne !
Le retour, dans le sens Ouest/Est, s'est effectué en juin 2003. Nous sommes partis de la baie de Chesapeake aux Etats-Unis vers les Bermudes pour la première étape de 675 milles qui nous a demandé 5 jours de navigation avec un vent moyen de force 3 et sous spi. La deuxième étape, Bermudes vers les Açores sera également très calme. Quatorze jours de mer pour 1873 millesparcourues avec des vents entre 2 et 4, et une mer belle tout du long. Il faut dire que nous avons choisi une route un peu sud afin d'éviter au maximum le mauvais temps: nous n'étions que deux et ne souhaitions pas "galérer". Enfin la dernière étape entre Sao Miguel et Cascais dans l'embouchure du Tage a été très difficile, surtout pour moi qui a été malade. 775 milles au cours desquels nous avons du affronter une tempète qui a duré 84 heures. Des vents de forces 8 avec des pointes à 9 et une mer très forte.

Ces traversées, dans un sens comme dans l'autre, se sont effectuées avec beaucoup de plaisir et sans grandes difficultés. Contrairement à ce que beaucoup s'imagine il est plus aisé de traverser un océan que de longer une côte.

Sur l'Atlantique, les vagues sont hautes mais longues et la couverture météo dont on dispose aujourd'hui est excellente. Il est donc parfaitement raisonnable de penser qu'il est possible d'effectuer une traversée sans rencontrer de tempête. Nos traversées se sont déroulées, à l'allée comme au retour, sans problème et dans un confort extrème grâce à Papyrus, mais le coup de vent subi entre les Açores et le Portugal est le résultat d'une confiance trop grande dans certaines personnes qui tentent par BLU d'informer les navigateurs sur la météo alors qu'ils ne sont pas toujours compétents pour cela!!!!




BATEAU

Choisir le bateau idéal pour voyager sur les mers et océans n'est pas chose facile. Un bateau pour la haute mer demande beaucoup de qualités. La taille aussi est importante car il s'agit de vivre à bord durant des mois voir des années. Tout ceci est fonction du budget dont on dispose mais aussi du nombre de personnes qui vont embarquer pour le voyage.
Pour moi il n'y a pas eu de décision à prendre puisque Papyrus existait déjà. Ce trimaran, unique au monde, a été la réalisation du rêve de Michel. Confort, espace, tenue à la mer incomparable, esthétisme, bref toutes les qualités réunis en un. A l'époque, comme beaucoup de marin, je pensais que le trimaran était avant tout un bateau pour la course. J'ai pu me rendre compte assez vite qu'il n'en est rien car bien au contraire s'il est construit pour la croisière comme ce fut le cas pour Papyrus, c'est alors probablement le meilleur bateau au monde.
Malgré sa taille: 16,50m x 8,30m, Papyrus est manoeuvrable par une personne seul car toutes les écoutes et autres drisses reviennent au cockpit; la trinquette est auto-vireuse et même le spinnaker avec sa chaussette est facile d'utilisation.

En quelques mots je dirais qu'un bon bateau de voyage doit être pratique, facile d'entretien et confortable à la mer. Je suis devenue adepte du trimaran par expérience mais en revanche je n'aime pas trop le catamaran sur lesquels j'ai travaillé lorsque je faisais du charter. Excellent pour la croisière côtière, je ne le crois pas très indiqué pour la haute mer. Son comportement est assez désagréable avec des mouvements de rappel parfois brutaux et saccadés. Il existe également un risque de retournement, enfin contrairement à un trimaran de croisière, un catamaran peut couler si l'un de ces flotteurs est sévèrement endommagé. Si un trimaran de croisière est effectivement difficile à trouver, il sera préférable d'opter pour un bon monocoque.



BATTERIES


Elles sont un élément indispensable pour le confort mais aussi pour la sécurité. Il faut les prévoirs en nombre suffisant et de qualité. Notre bateau étant équipé en 24 volts pour des considérations de section de fil et donc de poids, nous avons embarqués 10 batteries de 10 A/h en 12 volts. 8 d'entre-elles sont couplées et les 2 autres servent l'une au moteur et l'autre au pilote automatique.

Choississez une marque courante et de préférence sans entretien que vous pourrez facilement remplacer à l'étranger. Ajouiter à cela un "booster" pour une charge optimal. Veillez également au bon graissage des cosses pour un bon contact.

Je ne vous parlerais pas d'éoliennes où de panneaux solaires car je n'y connait rien mais je crois qu'aujourd'hui avec les progrès actuel dans ce domaine c'est certainement un bon choix.



BRICOLEUR

C'est, à mon avis, une qualité essentielle pour toute personne voulant naviguer à travers le monde. Il faut être capable de réparer tout ou presque car il est souvent difficile de trouver quelqu'un de compétent. Si l'on ajoute à cela le coût que cela entraîne  chaque fois que l'on doit faire appel à un professionnel, gare au budget! Je suis moi-même très habile de mes mains et outre l'électricité et la mécanique que Michel assumait, je crois pouvoir dire que j'ai tout fait sur le bateau. Menuiserie, plomberie, peinture, couture sur les voiles etc.etc.etc...
Un bon bricoleur doit avoir à son bord un bon outillage et quelques pièces de rechange qui auront été soigneusement choisies avant le départ. Soyez particulièrement prudent en ce qui concerne le pilote automatique qui mérite d'être doublé, ainsi que tous les éléments de sécurité à bord, radio BLU et VHF, électronique...


CARGOS

Ils sont nombreux, énormes et ne ferons qu'une "bouchée" de votre voilier si vous avez le malheur de croiser leur route de trop près.Les accidents de ce type sont heureusement assez rares et ils sont surtout très facile à éviter si l'on exerce une veille stricte et attentive.
Il y a quelques années de cela, un cargo est entrée dans le port de New-York avec un mât accroché dans son ancre! Vous imaginez ce qui avait pu se passer!!!Les portes-containers sont également à craindre car il leur arrive souvent d'en perdre quelque uns lorsque la mer gronde un peu et que l'arrimage n'est pas suffisament surveillé.
Nous en avons croisés beaucoup pendant nos traversées, parfois à moins de cinq milles. C'est très impressionnant de nuit lorsque tout paraît si près. Nous avions un radar avec une alarme pour plus de tranquilité mais cela ne nous a jamais dispensé de la veille!
On nous a parfois demandé si nous avions eus un contact radio avec un de ces cargos, la réponse est non. S'ils sont sans doute très attentifs aux messages de détresse sur la canal 16 en revanche ils ne répondent pas aux messages de courtoisies.

DAUPHINS

Nous en avons rencontré des dizaines, de races différentes comme ceux qui vivent dans les rivières Brésiliennes: ils sont petits et leur ventre est rose. Nous avons pu évoluer en annexe au milieu d'eux sans jamais pouvoir les toucher. Les plus connus que l'on rencontre en atlantique sont gris et mesure environs 1,50m. Ils adorent jouer avec l'étrave du bateau.
Là où nous les avons rencontré en plus grand nombre c'est aux Açores: ils se déplacent en bancs de plusieurs dizaines d'individus et lorsqu'ils rencontrent un bateau ils viennent systématiquement jouer autour. Nous avons également eu la chance d'apercevoir une baleine qui était malheureusement un peu trop loin.
Les rencontres avec des dauphins sont toujours de merveilleux moments que nous avons tenté d'immortaliser sur la péllicule mais sans succès car sans équipement pro il est très difficile de réaliser de belles photos.

DESSALINISATEUR

Il n'est sans doute pas indispensable mais très utile, surtout si l'on est nombreux à bord et que l'on aime passer du temps dans des petits coins de paradis où il n'y a pas d'eau douce.
Nous avons fabriqué le nôtre en associant les divers éléments pris séparément. Autrement dit, il vous faut une pompe à haute pression, un moteur pour faire tourner ladite pompe, des membranes et des filtres. En achetant ces éléments séparément vous pouvez réaliser une belle économie! Ensuite il vous suffit de raccorder le système à votre évier afin de  gouter l'eau et de la faire basculer vers votre réservoir dès qu'elle est potable.
Nous avons installé trois membranes qui produisaient chacune environ 25 litres d'eau à l'heure. Pour économiser les filtres il est préférable d'utiliser votre dessalinisateur dans des eaux propres. Nous le faisions le plus souvent en pleine mer. Au départ lorsque nos membranes étaient neuves nous pouvions boire l'eau que nous produisions. Après quelques mois nous avons fait analysé notre eau et il s'est avéré qu'elle n'était plus bonne à consommer mais bien entendu toujours bonne pour la cuisine et les douches...

EAU

Elément vital, l'eau est un bien très précieux qu'il convient de gérer sérieusement. A la maison je trouve déjà insupportable de laisser l'eau couler pendant que l'on se brosse les dents alors à bord où chaque litre est compté... Certaines personnes prédisent une guerre de l'eau dans moins de 50 ans, comment peut-on encore gâcher!
De plus, vous passerez par des îles où il sera difficile de faire le plein d'eau douce alors entraînez-vous chez vous, avant le départ, à n'ouvrir le robinet que pour l'indispensable; en particulier les enfants!
Les solutions? Utiliser l'eau de mer le plus possible: Avoir une pompe à eau de mer près de l'évier pour faire la vaisselle(que l'on rincera juste ce qu'il faut à l'eau douce), emporter des shampoings spéciaux pour eau de mer qui sont biodégradable et enfin, installer un dessalinisateur.
Il ne faut pas oublier que dans certains pays l'eau est impropre à la consommation et ne doit pas être bu sans avoir été traitée auparavant. Il existe des cachets effervescents et purificateurs que l'on met directement dans les réservoirs(voir pharmacie). On peut ausssi faire bouillir l'eau avant de la boire mais cette solution implique une réserve de gaz importante, et le goût n'est pas terrible.

ECOLOGIE

Il me semble que c'est l'amour de la nature qui nous pousse avant tout vers le bateau et la mer. La communion que peut éprouver un marin face à la mer est un sentiment que lui seul peut comprendre au même titre que seul l'alpiniste peut comprendre cette envie irrésistible de gravir les montagnes.
Lorsque l'on décide de partir autour du monde en voilier c'est avec le souhait de se rapprocher un peu plus de "mère nature" et donc des vraies valeurs.L'écologie à bord d'un voilier, pour moi, c'est avant tout vivre au rythme du soleil, se nourrir le plus posssible de sa pêche, se laver à l'eau de mer dessalinisée, et puis bien sûr, ne rien déverser dans la mer. Utiliser le moteur le moins possible, l'entretenir au mieux afin qu'il pollue le minimum.
L'écologie c'est aussi observer la nature en se promenant sur les plages, dans les forêts tropicales ou bien encore en plongeant sur les récifs coraliens pour comprendre l'importance de cette nature que l'on maltraite tant. A Rio de Janeiro nous avons gravi le "Pico da Tijuca" qui culmine à un peu plus de 1000 mètres. La vue était fabuleuse et cette ascension nous a permis d'admirer l'un des plus beau site au monde. Sur l'île de Madère, nous avons découvert des arbres et des plantes magnifiques qu'il serait criminel de laisser disparaitre. Au Venézuela et au Bahamas, ce sont les récifs coraliens qui resterons à jamais gravé dans nos mémoires. Nous y avons observé tant d'espèces de poissons d'algues et de corails...
Tout ceci nous a convaincu définitivement qu'il fallait à tout prix préserver la nature, pour être capable de léguer à nos enfants autre chose que des récifs mort ou des forêts dévastées par des hommes avides d'argent.

ETUDES

Si vous partez avec des enfants, ne négligez pas leurs études. J'ai pu constater que c'était souvent le cas. Un voyage en bateau apportera énormément à un enfant en terme d'ouverture d'esprit mais je crois essentiel de ne pas le couper du monde.Il ne faut pas oublier que l'enfant ne passera pas sa vie entière sur un bateau et que pour réussir il doit garder un contact permanent avec la vie à terre: sociale, politique et culturelle.
Il m'est arrivé de croiser des enfants complètement déconnectés et qui avouaient ne pas savoir comment ils pourraient vivre à terre et y travailler. Pire encore, j'ai connu deux garçons qui étaient illettrés et n'avaient d'autre choix que de travailler comme marin car c'était le seul métier qu'ils étaient capable d'exercer. Ils n'ont rien connu d'autre et cela me parait inadmissible.
En résumé, ne soyez pas égoïste, ne les éloignez pas trop du monde terrestre. Le voyage que vous faites est votre choix et non pas le leur, alors ne les coupé pas de la société.

En France, les cours dispensés par le CNED(centre national d'éducation à distance) sont très bons et demanderont a un élève moyen 4 à 5 heures d'études journalière avec l'aide des parents. Evidemment ceci est le reflet de notre propre expérience et sur 2 années scolaires les résultats ont été très bon pour nos deux enfants. De retour en France ils ont pu reprendre leur études en circuit classique sans problème.
Il faut savoir aussi qu'il est possible de passer des examens à l'étranger. Il faut le prévoir avec votre académie et l'ambassade de France du pays où vous serez à ce moment là.Notre fille a pu passer son bac de français à Miami dans un collège français.


FORMALITES

Elles sont obligatoires dès lors que l'on entre ou sort d'un pays. Ennuyeuses, désagréables, angoissantes, elles sont inévitables et il convient très souvent d'être patient face aux administrations lentes et pointilleuses.
Elles consistent généralement en trois phases: immigration, douanes et capitainerie.Certains pays exige encore un passage par le service de santé.

L'immigration vous demanderas un passeport en cours de validité, sur lequel sera apposé un tampon avec une date d'entrée. Renseignez vous toujours sur les conditions et sur le temps de séjour accordés. Elle est généralement de trois mois avec possibilité de renouveller 1 fois.

Les douanes vous demanderont de présenter les papiers du bateau(acte de francisation) et le cas échéant effectueront une fouille du navire. C'est leur droit et il vous sera impossible de refuser. Dans certains cas ils utiliseront un chien et n'hésiteront pas à visiter le moindre recoin.
Après les divers contrôle ils vous délivreront un permis de circuler dans leurs eaux territoriales qui peut être valable jusqu'à un an.La douane s'occupe spécifiquement du bateau et c'est donc à eux qu'il faudra vous adresser pour laisser votre bateau seul dans un pays pour peut-être rentrer en France quelques semaines.

La capitainerie où l'on doit se rendre généralement à chaque port mais ce n'est pas toujours le cas, a vérifié lors de l'entrée dans le pays. Ils vérifient votre permis de naviguer, vos papiers et notent tous les renseignelents relatif au bateau et à ses occupants, d'ou les fameuses "listes d'équipages" que l'on vous demande en 3 ou 4 exemplaires à chaque fois...Ils encaissent aussi oarfois le coût d'une nuit au port ou sur un corps mort comme en Uruguay.

Il est très important d'être soigneux avec vos papiers et de les conserver quelque temps lorsque vous quitté un pays car vous pouvez toujours être contraint d'y revenir même si cela n'était pas prévu. Ayez si possible un petit coffre fort ou une bonne cachette pour y mettre tous les papiers importants. Gardez les originaux pour les autorités et ayez avec vous des photocopie de vos passeport au cas ou!

GAZ

Le choix de la bouteille à emporter est souvent fonction de la place dont on dispose. Nous avions pas mal de place mais notre chois s'est porté sur des bouteilles de 2,850kg de chez Camping Gaz. Nous avons choisi ce format en pensant que lors de ravitaillements il serait plus facile de transporter des petites bouteilles. Nous en avons embarqués 5 et, en dehors des Etats-Unis qui ne font rien comme tout le monde, il nous a été facile de les remplir dans tous les pays visités.
Un compartiment extérieur pour les stocker est indispensable et il est important aussi de surveiller autant que possible le remplissage car parfois ils remplissent trop et cela peut être garve. Prévoyer un deuxième détendeur et tacher de partir avec des bouteilles neuves afin que la rouille ne vous rattrape pas trop vite.


GASOIL

Avant de partir , vous aurez certainement lu et entendu des récits de navigateurs évoquant des problèmes d'eau dans le gasoil. Cela arrive dans certains pays mais pas forcément dans les pays les plus pauvres comme on pourrait le croire.
Pour éviter cela il existe plusieurs solutions: vous pouvez prendre un peu de gasoil à la pompe et le vérifier avant de remplir vos réservoirs en laissant reposer pour voir si de l'eau se dépose au fond. Ou vous pouvez encore comme nous l'avons fait, choisir de placer un décanteur avant le réservoir principal et un deuxième avant le réservoir journalier que nous avons placé au dessus du moteur. Cela a deux fonctions utiles, le première est de contrôler la qulité du gasoil et la seconde de faire tourner le moteur même avec une panne de la pompe à carburant par gravitation.
Il est important de ne pas oublier que même si nous sommes tous des férus de voile, le moteur à bord est un élément de sécurité; il permettras d'essuyer une tempête plus agréablement mais aussi de faire face à un calme plat agaçant...Dans tous les cas ne négliger pas le moteur ni la quantité de gasoil embarqué.


HORS-BORD

Nous sommes partis avec un seul moteur hors-bord de 15cv et cela a été une erreur. En panne une première fois au Cap Vert, nous avons pu réparer grâce à un mécano local. Malheureusement, cette réparation n'a pas tenu longtemps. Réparer a nouveau plus durablement au Brésil, ces pannes à répétition nous ont privés d'annexe motorisé pendant plusieurs semaines. Il me parait évident aujourd'hui d'avoir deux hors-bord, un assez puissant d'au moins 15cv et un deuxième de 5cv par exemple.
Nous avons pratiqués la pêche sous marine en nous rendant sur les récifs grâce à nos 15cv qui n'était pas de trop pour transporter en sécurité quatre adultes.

Côté pièces de rechange, pensez à une ou deux bougies, à la clé de contact qui se perd facilement, et peut-être à un cordon de lancement du moteur qui peut casser aisément et qui n'est pas facile à remplacer car il s'agit d'un petit bout tressé par facile à trouver. Pensez aussi à vider le carburateur lorsque vous ne prévoyez pas d'utiliser le moteur quelques temps comme lors d'une traversée.


HORIZON

Celui du navigateur est illimité, toutes les couleurs y sont représentées aux différentes heures du jour et de la nuit . J'ai pu assister à des dizaines de lever et coucher de soleil et je ne me suis jamais lassée. Je pense que l'horizon est un peu la pierre précieuse du navigateur. Peu de gens ont la possibilité d'en profiter et ceux qui le peuvent n'y prêtent peut-être pas assez attention!!!
J'ai toujours été très friande de coucher de soleil et j'ai même amassé une belle collection de cartes postales. Mais les aubes et les crépuscules ne sont pas toujours les plus beaux horizons; les jours d'orage la palette de gris est impressionnante. L'effet lorsque l'on est sur l'eau est magnifique mais il est très difficile de rendre cela sur photo. Elles font parties de ces images que l'on garde dans un coin de sa mémoire, jalousement et pour l'éternité!
L'horizon est notre compagnon de quart et parfois on lui parle ou on lui chante une chanson. Cela m'est arrivée et je trouve que l'on devient vite lyrique voir poète dans ces instants magiques ou l'on a l'impression d'être seul au monde...


JOURNAUX

Moi qui ne lisais pas beaucoup les journaux, je me suis rendue compte que je les dévorais lorsque j'en trouvais un au cours de nos escales. J'ai ressentie le besoin de lire les nouvelles de mon pays, de savoir ce qu'il s'y passait pendant mon absence.
J'ai gardé un terrible souvenir de la lecture d'un "Paris-Match" acheté à Buenos-Aires où était relaté le naufrage du pétrolier "erika". C'était en 1999 et j'en ai eu les larmes aux yeux. Je suis certaines que je n'aurais pas vécu si intensément un tel évènement si j'avais été en France.

Nous avions décidé de ne pas emporter de télévision à bord et en dehors de la radio BLU et de RFI, nous n'avions que très peu de nouvelles du monde. Alors les étapes dans les grandes villes ou les visites d'amis constituaient nos seules sources d'informations et nous dévorions les journaux et magazines qui nous tombaient sous la main. C'est là que l'on se rend compte que l'on est accroc aux informations alors que l'on devrait profiter d'en être éloigné...


JUNGLE

Notre beau pays qu'est la France, nous offre une multitude de paysages, mais il en est un que vous ne trouverez pas; la jungle. Rien que ce mot évoque l'éxotisme et le mystère. Les animaux sauvages, les arbres géants, les fleurs aux couleurs étonnantes mais aussi l'humidité, les moustiques, les araignées, bref on est à la fois attiré et repoussé par l'idée d'une balade dans la jungle. Mais elle a de multiples visages. Elle peut être dense et inhospitalière comme l'Amazonie ou  belle et majestueuse comme celle qui domine la ville de Rio de Janeiro que nous avons pénétrée avec un petit train pour atteindre le Corcovado mais aussi à pied pour escalader le Pico da Tijuca.
En remontant le Rio Paraguaçu, nous nous sommes baladés dans une jungle où les bananiers étaient nombreux et les petits singes aussi. Nous y avons découvert de multiples variétées de fleurs et des arbres sur lesquels poussent les orchidées ainsi que de véritables lianes digne de tarzan!!!
La jungle est omniprésente en Amérique du Sud, il serait vain de vouloir l'éviter et cela serait bien dommage.


KAYAK

J'ai personnellement regretté de ne pas avoir emporté un ou deux kayaks car nous aurions pu faire de merveilleuse balades sur les nombreuse rivières que nous avons croisées. C'est aussi, je crois, une autre façon d'aborder les escales et surtout une totale harmonie avec la nature.
Silencieux, non-polluant, le kayak permet des approches en douceur avec la chance de pouvoir observer des animaux sans les effrayer.
C'est également un moyen de faire du sport car, sur un bateau les déplacements se réduisent à 3 ou 4 marches pour sortir dans le cockpit et à quelques enjambées pour rejoindre l'avant du bateau.


LANGUES

L'apprentissage des langues est plutôt mal enseigné dans nos écoles, même si cela s'améliore, rien ne vaut un apprentissage sur le tas. Notre capitaine parlait 3 langues couramment en les ayant apprises entre méthode assimile et sur place au cours de voyage: anglais, espagnol et italien. Nous nous sommes essayer au portuguais lors de notre traversée de l'Atlantique et cela nous a permis d'avoir un contact plus étroit avec les brésiliens qui sont des gens adorables et très accueillants.
Il est essentielle de parler anglais, mais aussi de faire l'effort d'apprendre les rudiments des langues des pays où l'on accoste. Dans le fond il s'agit surtout de l'espagnol qui est avec l'anglais la langue la plus parlé dans les pays que les navigateurs visitent. Notre fille qui a passé sont bac de français à Miami a obtenu un 20/20 car elle a pu conversé très à l'aise avec son examinatrice dans la langue de Shakespeare!
Les étrangers qui viennent en France nous reproches trop souvent de ne pas faire l'effort sur les langues et ils ont raisons. Il me semble que c'est une certaine forme de respect de l'autre que de tenter de comprendre, voir de converser avec nos visiteurs étrangers...


LIBERTE

Voilà un mot qui a de moins en moins de sens à une époque ou l'on nous la supprime de plus en plus. Le bateau est un des moyens de ressentir encore ce frisson. Ce sentiment qui vous envahit lorsque vous naviguez au beau milieu de l'océan est grisant et génial. Il est équivalent à ce que peuvent ressentir les alpinistes en montagne!!!
Par définition, un navigateur voyageant autour du monde est libre de ses horaires tant par goût que par obligation car comme chacun sait: en bateau on sait quand on part mais on ne sait jamais quand on arrive!
Nous suivons le rythme solaire, levés et couchés plus ou moins avec lui. C'était notre choix car nous aurions pu faire la grasse matinée tout les jours mais la vrai liberté c'était de ne pas avoir un réveil qui sonne pour rappeler d'aller au boulot. En voyage, il y a tant de belles choses à voir qu'il serait presque criminel de ne pas se lever tôt pour en profiter...


LIVRES

Nous sommes partis avec environs 150 livres de poche neuf et d'occasion. Le livre de poche, pour des raison de poids et d'espace bien sûr. La lecture fait partie des activités principales à bord et il est important d'y penser quelques mois avant le départ.
Personnellement, j'ai acheté des livres régulièrement au cours des mois qui ont précédé notre départ afin d'avoir des livres assez récents. J'ai également trouvé à Toulon un bouquiniste à qui nous avons vendus des livres déjà lus pour en racheter d'autres et grâce à cela nous avons pu nous constituer une belle bibliothèque. C'est un procédé extrèmement intéressant, économiquement parlant.
Bien entendu, il nous est arrivé d'échanger avec d'autres bateaux, mais on vous refile, la plupart du temps, des vieux polars d'Agatha Christie!!!Alors j'en profite pour lancer un appel: N'ECHANGEZ PAS QUE VOS VIEUX BOUQUINS, SOYEZ PLUS GENEREUX !


METEOROLOGIE

Elément essentiel pour une bonne navigation, la météorologie est devenue très facile d'accès de nos jours; nous disposons de l'informatique qui, couplés avec une B.L.U nous permettent de recevoir à bord de superbe cartes de différents services météo. Nous avions à bord pour notre part un fax météo qui nous donnait d'excellentes cartes. La radio R.F.I, par B.L.U permet d'avoir un bulletin journalier pour la traversée de l'Atlantique et toutes la méditerranée et puis, toujours grâce à la B.L.U on peut entrer en contact avec des gens à terre qui rassemblent des données météo concernant l'ensemble du globe et vous les transmet sur simple demande. Ils sont en quelques sorte des "routeurs" mais méfiance quand à l'interprétation qu'ils font de ces données, il arrive qu'elle ne soit pas bonne.
Une bonne navigation, qu'il s'agissent d'une traversée de l'Atlantique ou d'une balade le long d'une côte doit commencer par la recherche des prévisions du jour ou de la semaine. Cela vous éviteras à coup sur bien des désagréments en particulier si vous prévoyer une sortie sur un week-end. Si la météo n'est pas bonne il est préférable de changer de projets plutôt que de vous retrouver dans la galère voir même en danger!
Pour toutes ces raisons il est important d'apprendre à lire une carte correctement avant de s'embarquer. Il existe beaucoup d'ouvrages très bien faits pour s'initier.

 

MOTEUR

 

On a beau naviguer sur des voiliers, le moteur reste un élément de sécurité très important. Son bon entretien est capital et il vous faudra peut-être envisager de prendre des cours de mécanique avant de partir. Michel a suivi pendant 15 jours un stage dispensé par un mécanicien agréé Perkins et cela lui a été très utile lorsque nous avons du changer le moteur alors que nous étions aux Etats-unis. Pour limiter les frais au maximum, nous avons démonté le vieux moteur et remonté le nouveau nous-même. Nous avons juste fait appel à un chantier équipé d'une grue et le tour était joué.

Les vidanges, les changements de courroies, le nettoyage des injecteurs, les changements de filtres, des impellers, le contrôle des circuits de gasoil et de refroidissement, les connections électriques en milieu humide, bref, autant de petits travaux qu'il vaut mieux être capable d'accomplir soi-même.

Il ne faut pas oublier qu'une panne de moteur peut entraîner un remorquage qui sera coûteux mais il peut aussi avoir des conséquences plus grave comme l'échouage et la perte du bateau.

 

NATURE

 

Merveilleuse nature que nous nous ingénions à détruire lentement et de façon irréversible. Irréversible car il faudrait une vraie prise de conscience qui jamais n'aura lieu tant les enjeux économiques sont grands!!!

Alors que nous reste t-il aujourd'hui pour profiter de cette nature? La mer indomptée et indomptable, et quelques pays, à découvrir vite, avant que cgez eux aussi, l'économie ne prenne le pas sur tout le reste!

Même la montagne est souillée par des soit disant amoureux de la nature qui laissent le mont-blanc couvert de détritus après leur passage. Comment peut-on jeter une cannette ou une bouteille en plastique dans des lieux aussi magnifique que le mont blanc ou les calanques de Marseille?

Côté mer nous avons pu constater que partout où le plaisancier passe les fonds marins trépassent. Il n'y a pas un mouillage qui ne soit envahi dans ses fonds par un détritus. Bien entendu je n'accuse pas les seuls plaisanciers car nous savons aussi que beaucoup de détritus viennent de la terre mais il n'empêche que c'est une vrai catastrophe dont trop peu de gens s'émeuvent!

Alors, vous qui allez partir sur les mers et océans, vers des pays inconnus, respectez la nature et faites la respecter aux autres et en particulier à vos enfants.


NAVIGATION

Terriblement simplifiée depuis l'apparition du GPS, la navigation est trop importante pour n'être confiée qu'à quelques instruments électronique. Il est essentiel de savoir naviguer à l'estime et de n'utiliser le GPS que pour conforter sa position.

Nous avons fait l'expérience de la panne de GPS au milieu de l'Atlantique et avons dû continuer notre route jusqu'aux Açores à l'estime. Cela n'a posé aucun problème à Michel qui fait partie de la vieille école des marins qui naviguent avec cartes, compas et rapporteur breton. Pour ma part, j'ai passé avec succès mon Brevet de Patron Plaisance Voile (BPPV) en 1996(Ce brevet a été remplacé depuis!!!); Nous avons beaucoup travaillé sur cartes pour la théorie et toutes nos sorties en mer n'étaient jamais accompagnées d'un GPS. 

Je vous entends d'ici prétendre que 3 GPS qui tombent en panne en même temps cela n'arrive jamais, c'est probablement vrai mais la raison essentielle d'apprendre à naviguer à l'estime est, je crois, la confiance en soi. Il ne faut pas oublier le facteur X qui nous amène dans des situations que l'on n'aurait jamais pu prévoir. 


NUIT 

Celles que l'on passe en mer sont les plus intéressantes à retenir. Les rencontres sont nombreuses, outre les cargos, que l'on croise en quantité impressionnante dans certaines zones, il y a aussi les oiseaux épuisés qui s'accrochent aux filières pour reprendre leur souffle, ou se posent sur une barre de flèche pour quelques heures de repos. Les poissons volants ou exocets, qui malheureusement s'échouent au cours d'un vol sur votre pont, y perdent la vie et y trouvent la poêle(pas drôle!) 

Mais la plus belle chose que l'on peut voir en pleine mer c'est un ciel étoilé grandiose. La voie lactée qu'il est difficile de voir de la terre surtout en ville, et des dizaines d'étoiles filantes ou de satellites en mouvement autour de notre planète. 

La nuit, enfin, est un moment unique de la journée ou vous pouvez laisser aller votre imagination à fond, ou vos délires les plus fous peuvent prendre forme dans votre esprit afin de mieux s'exprimer le moment venu. C'est un moment bien à vous, un moment ou vous êtes seul(e) au milieu de l'immensité. 

J'ai personnellement adoré les nuits pour toutes les raisons énoncées ci-dessus car même les plus difficiles, celles ou les tempêtes nous empêchaient de nous abriter dans un port, les émotions ressenties étaient fortes, dures et agréables à la fois.






 



Article ajouté le 2008-12-09 , consulté 480 fois

Commentaires


gilles le bigot le 15/11/2009 à 21:56:05
eh bé, que voila un carnet de voyahe digne d'intérêt
je vais montrer le bateau à Cloclo demain
Domi le 26/06/2009 à 23:50:25
Bravo, Superbe, Le Rêve.
De retour d'une virée en corsaire, votre blog: c'est que du bonheur, Merci
Dom
BYEBYE le 02/04/2009 à 09:45:17
très bien votre site, je me prépare à faire un tour du monde sur un catamaran 43 pieds. Ce serait sympa d'avoir tout l'abécédaire qui est une mine d'informations utiles.
Merci de voir ce qu'il est possible de faire.
V TELLIER
moetai site : <http://moetai.e-monsite.com/> | le 18/02/2009 à 08:08:22
voilà des renseignements sérieux par des gens qui ont navigués !rien à redire !

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