CROISIERE.....FAITES LE TRI !
CHOISIR LE BON BATEAU ?
De plus en plus de gens cherche à échapper, temporairement ou non, au stress de la vie "moderne"; Mais bien peu d'endroits leur permettront d'étancher leur soif de liberté...Sauf les océans.
Alors on pense bateau, mais le choix n'est pas simple:
- Le monocoque s'impose tout d'abord à l'esprit; Sa longue histoire rassure, il passe bien dans l'eau, mais il gîte (parfois très fort), il roule au mouillage, et cela pénalise fortement le confort.
- Alors un catamaran? On en voit partout, ils envahissent les salons nautiques et sont plébiscités par les chantiers pour des raisons de coût (on utilise un seul moule pour les deux coques qui sont reliées par une plate-forme)...Mais on ne vous parle pas des mouvements de "raquette" fort déplaisants par mer formée, de la caisse de résonance qu'est la plate-forme du carré quand les vagues jouent du tambour dessus, de l'exiguïté des cabines forcément reléguées dans les flotteurs et par dessus tout d'un prix exorbitant!!! De plus, s'il n'y en a plus qu'un dans les grandes courses au large, pourquoi?
Que reste t-il donc comme alternative?
Soyez attentifs à mon histoire, elle pourrait bien vous apporter des réponses et changer votre perception de la croisière hauturière, et de la plaisance en général.
Cinq années de navigations quasiment non-stop sur ce trimaran de croisière qu'est "PAPYRUS", voilà ce pour quoi j'ai signé et je ne l'ai jamais regretté. Cette magnifique unité a été construite à la demande de son propriétaire pour un usage ciblé: Voyager autour du monde avec femme et enfants. Pour moi qui suis sujette au mal de mer un tel périple n'était pas envisageable sur un monocoque alors que ce tri, extrêmement sécurisant, spacieux et très confortable m'a permis de réaliser mon rêve.
Je vous sens perplexe: Oh là là ! Un trimaran ça chavire.
Bien sûr, lorsqu'un flotteur d'une de ces "bête de course" de la course du rhum, dépassant allègrement les 35 noeuds, rentre dans l'eau, il arrive qu'il bascule en diagonale et se retourne.
Mais dans sa conception, Papyrus est à des milliers de milles de ces formules 1 de la mer; je dirais même qu'il en est l'opposé.
Imaginez: ...Trois coques aussi solides que peuvent l'être des coques en bois moulé; Trois couches, dont la première en cèdre de 20 mm d'épaisseur posée horizontalement est recouverte de deux couches d'acajou de 5 mm positionnées à un angle de 60°, le tout noyé sous vide dans de la résine époxy; Cela nous donne 30 mm d'épaisseur de coques résistant sans problème aux éventuels chocs avec des pâtés de coraux isolés en eaux tropicales peu profondes ou à bien d'autres pièges que nous tend Neptune.
Ce type de construction initialement appelé "West System", est reconnu pour être léger, très résistant, facile à réparer, et quasiment inusable s'il est bien entretenu. Les coques de Papyrus sont revêtues de rowing pour aboutir à la facilité d'entretien du plastique. Et à 24 ans, elles sont comme au premier jour de leur sortie du chantier Hollandais "Waarship".
L'architecte Paul Lucas, avait dessiné des flotteurs très fins procurant au bateau une vitesse moyenne relativement élevée mais au détriment d'une sécurité indispensable dans l'optique de voyager autour du monde. Daniel Gilard, célèbre skipper et expert maritime qui a supervisé le projet, a convaincu Paul Lucas de porter le volume des flotteurs à 140% du volume de la coque centrale. Dés lors ce trimaran est devenu quasiment insubmersible, n'enfournant jamais (donc pas de flotteur qui "engage") et pouvant flotter avec un trou béant dans la coque centrale:Dans un tel cas, l'eau n'inonderait même pas le carré!
Le cockpit ne fait pas moins de 12 m2 et pour de jeunes enfants c'est un espace formidable pour jouer en toute sécurité; Dans ce même cockpit, les grands pourront effectuer toutes les manoeuvres sans en sortir et passer des quarts de nuit très à l'aise et bien protégé. En vérité, le plus appréciable sur un trimaran, c'est de ne pas être obligé de penser à tout ranger avant d'appareiller. Pas d'angoisse pour la vaisselle, ou pour un verre oublié sur la table du carré car rien ne glisse ou ne tombe en dessous de force 6 au près !
Je vous assure que tout au long des cinq années passées à bord, ayant navigué de la Méditerrannée jusqu'à l'Argentine, je n'ai ressentie la moindre peur. Même au beau milieu de forts coups de vent, jamais je n'ai eu une seule pensée négative quant à l'issue du voyage.
Si maintenant nous parlions un peu du périple, il est évident que les anecdotes ne manquent pas...Comme le jour où nous avons pêché un requin, ou encore ce samedi inoubliable où nous sommes entrés dans la baie de Rio de Janeiro au soleil couchant, le carnaval de Salvador de Bahia qui nous à procuré quelques frissons, bons et mauvais et, bien entendu, beaucoup de rencontres de nationalités différentes, dont quelques unes sont restées des relations suivies.
Notre voyage s'est déroulé à merveille. Le Brésil, qui était le but initial, nous a procuré mille sensations inoubliables: Les paysages grandioses d'une nature exubérante, des brésiliens accueillants et charmants et une découverte culinaire étonnante; "la comida a kilo" qui signifie littéralement "la nourriture au kilo" où l'on paye au poids ce que l'on a choisi. Notre seule déception est venue du côté de la mer qui est, pour cause de nombreux fleuves et rivières, très trouble. Du coup la plongée était moins intéressante sauf dans certaines îles comme "les Abrolhos" ou bien la baie de Camamu. Heureusement, côté plongée, nous nous sommes régalés aux Bahamas, lors de notre remontée vers les Etats-Unis, qui regroupe un grand nombre d'îles où l'on trouve une eaux aux couleurs extraordinaires, du turquoise léger des bords de plages au bleu profond du grand large en passant par des mauves indescriptibles.
Notre étapes à Buenos-Aires en 2000 a été riche en rencontres; Les argentins sont très accueillants et en particulier avec les plaisanciers. Nous avons passé trois mois entre la ville même et le Delta du Rio de la Plata sans débourser un centime; Oui vous avez bien lu, nous avons été invité gracieusement dans plusieurs clubs nautiques avec à chaque fois tout le confort possible et imaginable.
Trinité et Tobago aura été une étape technique parfaite. Il y a d'innombrables chantiers, tous super équipés, dont un qui dispose d'un travel-lift de 10 mètres de large, ce qui nous a permis de sortir facilement Papyrus pour lui refaire une beauté? On trouve là-bas tout ce qu'il faut pour réparer. C'est une halte technique incontournable dans la zone caraïbes.
En revanche, prudence du côtés des îles, et surtout des côtes Vénézueliennes car il y a malheureusement un peu de piratage. Nous ne l'avons pas subi directement car la prudence a toujours été notre priorité tout au long de notre voyage; Toujours discret dans notre façon de nous habiller, pas de bikoux ni d'appareil photo en bandoulière. Mais il ne faut en aucun cas "zapper" ces magnifiques îles du Vénézuela qui sont belles et si rares comme les AVES: Aves de Barlovento et Sotovento qui sont deux récifs sauvages speldides où la plongée est la seule distraction avec l'observation des oiseaux qui sont très nombreux sur les îlots.
En résumé, notre périple de cinq ans, nous a conduit de l'île de Embiez dans le Var à Port St Louis de Rhône dans les bouches du Rhône en passant par des îles et des côtes plus belles les unes que les autres. Papyrus est très fier d'inscrire à son palmarès: Gibraltar, Madère, Canaries, Cap Vert, Brésil, Uruguay, Buenos-Aires, Vénézuela, Trinidad et Tobago, Caraïbes, Bahamas, Puerto Rico, Côtes Est des Etats-Unis, Bermudes, Açores, Portugal, Espagne. Des dizaines de rencontres, des centaines de lieux visités, des milliers de milles parcourus, des milliard de tours de manivelles et d'incalculables moments de bonheur que nous seuls gardons en tête car, quelle que soit la qualité d'un récit de voyage, il ne sera jamais aussi beau que le voyage lui-même...
Ce que vous devez retenir de tout cela, c'est notre voilier; c'est lui la vraie vedette de cet article, et c'est de lui seul qu'il était intéressant de vous parler. Ce trimaran a été si bien conçu que notre voyage aura été un rêve du début à la fin. Un rêve qui pouvait sembler inaccessible il y a quelques années de cela mais qui aujourd'hui parfaitement réalisable. Un voilier aussi stable, spacieux, sûr et si facile à manoeuvrer est un gage de réussite.
Voici une petite fiche technique qui vous résumera Papyrus:
- Sortie des chantiers Waarship en Hollande en septembre 1985
- Finitions intérieurs achevées en 1989
- Construction en bois moulé stratifié de 30 mm d'épaisseur
- Longueur: 15,62 mètres, rallongés depuis de 50cm du côtés de la jupe
- Largeur: 8,32 mètres
- Tonnages: 13
- Tirant d'eau: 1,20 mètres
- Tirant d'air: 18,50 mètres
- Surface de voilure: 120 m2 au près
- Moteur Volvo TMD 22 de 78ch
Vous pensez sans doute que cela doit être grand et c'est vrai pour ce qui est de l'espace de vie qu'il offre mais, comme je vous l'ai dit plus haut, pour tout le reste c'est juste un peu de pratique et beaucoup de passion.
Depuis nous avons décidé de mettre notre trimaran en vente car comme on dit:"il y a un temps pour tout" et le temps est venu pour nous de nous consacrer à d'autres projets...A terre cette fois-ci !

Commentaires
Un Rêve site : www.un-reve-a-voile.fr | le 27/10/2009 à 22:29:00Félicitation pour votre voyage et votre site.
une mîne de connaissance qui en font rêver plus d'un.
Bonne continuation.
Bon vent.
Pascal et Valérie bussereau de Fio-oko le 14/07/2009 à 20:03:53
Un petit bonjour des fio-oko en souvenir des bons moments passés au Brésil